Filières de Valorisation et de Traitement

La Valorisation Matière

  • Le réemploi :
    on emploie un déchet pour un usage analogue à son premier emploi. C'est par exemple le réemploi de bouteilles consignées.

  • La réutilisation :
    on emploie un déchet pour un usage différent de son premier emploi.

  • La régénération :
    par un procédé physique ou chimique, on redonne au déchet des caractéristiques qui lui permettent de remplacer une matière première neuve.
    La régénération s'applique notamment aux huiles usagées.

  • Le recyclage :
    on obtient à partir de déchets, des matières premières entrant dans la fabrication de nouveaux produits.
Le CENTRE DE TRI associe des procédés manuels et mécaniques pour extraire la fraction valorisable des déchets qui y sont acheminés. Les déchets sont ensuite conditionnés et dirigés vers les filières de valorisation.

Coûts(1) : Coûts de tri et de conditionnement des déchets ménagers : de 115 à 230 € par tonne.
Les coûts de tri dépendent notamment du rendement, du taux de refus et du taux d'utilisation du centre. Les recettes que peut apporter la revente des matériaux varient selon le cours des matériaux concernés.
Le compostage et la méthanisation sont des procédés biologiques qui s'appliquent à la plupart des déchets organiques, notamment les déchets végétaux, la fraction fermentescible des ordures ménagères ou les boues de station d'épuration.
Le compostage est un procédé de décomposition de la matière organique en présence d'air et sous l'action de micro-organismes naturellement présents dans les déchets. On obtient un produit stabilisé et fertilisant utilisable en agriculture : le compost.

Coûts
(1) : Compostage des déchets verts : 45 à 90 € par tonne.
Recette : 6 à 8 € par tonne de compost au maximum.
La méthanisation est une décomposition de la matière organique en absence d'air. Elle produit du biogaz (riche en méthane) utilisable comme combustible et un amendement organique utilisable en agriculture selon un plan d'épandage.
L'épandage est la valorisation de matières organiques non toxiques et non pathogènes qui présentent un intérêt agronomique pour la fertilisation, l'amendement des sols ou un intérêt nutritionnel. Il peut être direct ou se faire après une phase d'hygiénisation et de stabilisation (compostage, traitement à la chaux...).

La valorisation énergétique

L'incinération avec récupération d'énergie
L'incinération est la combustion de la partie organique des déchets. Elle permet de réduire la masse des déchets de 70% et leur volume de 90 %.
Elle conduit à la production de mâchefers, de cendres et de sous produits de l'épuration des fumées (Résidus d'Epuration d'Incinération d'Ordures Ménagères et d'Incinération de Déchets Industriels : REFIOM et REFIDI).
La valorisation énergétique de la chaleur produite par la combustion peut se faire sous forme d'électricité et/ou de chaleur directement.
L'incinération en cimenterie de certains DIB ou DIS à haut Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) est une valorisation énergétique directe de ces déchets en substitution d'énergie noble.

Coûts(1) : Incinération avec valorisation énergétique (hors recette) : 70 à 120 € par tonne.

L'incinération avec récupération d'énergie est la valorisation énergétique la plus répandue, mais il en existe d'autres types tels que la pyrolyse ou la thermolyse. La méthanisation, dans le cas d'une valorisation du biogaz peut, elle aussi, être considérée comme une valorisation énergétique.

Traitement

Les opérations de traitement permettent de réduire le potentiel polluant ou le volume des déchets avant stockage.

Traitements physico-chimiques
Ils dépendent de la composition du déchet et peuvent être de natures diverses :

  • La neutralisation pour les acides et les bases
  • La décyanuration par oxydation des cyanures en cyanates moins toxiques
  • La déchromatation par réduction du chrome hexavalent en chrome trivalent moins toxique et précipitable sous forme insoluble
  • La précipitation des métaux lourds en hydroxydes métalliques insolubles
  • L'échange d'ions pour fixer les éléments indésirables du déchet et concentrer ainsi la pollution dans un faible volume
  • Le cassage d'émulsion effectué à haute température pour séparer la phase aqueuse et la phase liquide incinérable
L'incinération des déchets spéciaux est réalisée dans des unités spécialisées à haute température avec traitement des fumées et captation des poussières. Elle concerne la plupart des déchets organiques (solvants, hydrocarbures, vernis...). Il existe plusieurs filières en fonction des caractéristiques du déchet et notamment de sa teneur en éléments halogénés.
La destruction de ces déchets dans les fours de cimenterie est non polluante du fait des températures de combustion (1450°C), du temps de séjour des gaz de l'ordre de plusieurs secondes, des conditions oxydantes et de la réintroduction des poussières dans le four.
L'évapo-incinération est un procédé qui allie séparation par évaporation des phases aqueuses et huileuses, oxydation thermique et incinération. Cette méthode est adaptée aux effluents aqueux faiblement chargés notamment pour les fluides usagés de travail des métaux.
La stabilisation permet aux déchets de respecter un certain nombre de critères d'acceptation en centre de stockage et regroupe plusieurs techniques : la solidification, la fixation chimique, la fixation physique, l'enrobage ou encapsulation et la vitrification.

Le stockage

Le centre de stockage est un équipement d'élimination des déchets par enfouissement sur le sol ou dans des cavités naturelles ou artificielles du sol sans intention de reprise ultérieure. Il est le maillon final de toute filière de traitement des ordures ménagères et de déchets industriels.
A COMPTER DU 1ER JUILLET 2002, les centres de stockage ne sont autorisés à accueillir que des déchets ultimes (Cf. Qu'est-ce qu'un déchet ?).
On distingue différentes catégories de stockage:
Le centre de stockage de classe 3 est destiné à recevoir des déchets inertes (déblais, gravats...). Actuellement, le stockage de classe 3 n'est pas assujetti à la réglementation des Installations Classées pour la Protection de l'Environnement. Il relève du pouvoir de police du maire et reste soumis aux règles d'urbanisme. Dans l'attente de la transposition de la directive européenne du 26 avril 1999, un guide technique a été élaboré par le Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement. Ce guide définit certaines précautions pour prévenir et limiter les nuisances et les risques environnementaux. Il fixe des principes d'aménagement et d'exploitation de site et des procédures de contrôle pour l'admission des déchets (bordereau de suivi...) en fonction du type de déchets admis.

Coûts(1) : Stockage en classe 3 : 2 à 8 € par tonne.
Le centre de stockage de classe 2 est destiné aux déchets ménagers et assimilés et aux déchets industriels banals. Il dépend du régime des Installations Classées et le texte applicable est l'arrêté ministériel du 9 septembre 1997. Il fixe les exigences en matière de choix du site, d'aménagement et d'exploitation, ainsi que les conditions d'admission des déchets. Les déchets interdits sont les déchets dangereux, les déchets à caractère radioactif, les déchets d'emballages valorisables, les résidus liquides, les pneus (à partir de juillet 2002).

Coûts(1) : Stockage en classe 2 : 70 à 150 € par tonne.
Le centre de stockage de classe 1 est destiné aux déchets spéciaux. Il est réglementé par l'arrêté ministériel du 18 décembre 1992 modifié. L'arrêté fixe des conditions très strictes de choix, d'aménagement et d'exploitation des sites. Les déchets ne sont acceptés qu'après une procédure préalable d'admission. Les déchets admissibles sont aussi fixés par l'arrêté : les déchets de catégorie A (REFIOM, résidus de la métallurgie...) et de catégorie B (résidus de stations d'épuration, de peinture, d'amiante fibreux, résidus minéraux souillés) devront être stabilisés préalablement. Les déchets de catégorie C (production ponctuelle de terres, de sols pollués) sont admis au cas par cas en attendant un nouveau texte.

Coûts(1) : Les coûts de stockage en centre de classe 1 dépendent de la nature du déchet. Ils peuvent ainsi varier de 225 à 600 €.
L'enfouissement profond est destiné à certains déchets ultimes inacceptables en centre de stockage de surface compte tenu de leur toxicité. Ces déchets sont enfouis dans des cavités souterraines parfaitement isolées des conditions extérieures. Le premier centre d'enfouissement profond français est ouvert depuis 1999 par la société STOCAMINE dans les anciennes mines de potasse de Wittelsheim (68).
Le stockage des déchets radioactifs doit respecter le principe de confinement de bout en bout afin d'assurer la protection de l'homme et de l'environnement. La chaîne des opérations de gestion des déchets radioactifs doit suivre les règles techniques définies par le Service Central de Sûreté des Installations Nucléaires (SCSIN). Une installation de stockage de déchets radioactifs relève de la procédure d'autorisation prévue pour les Installations Nucléaires de Base. Aujourd'hui, le stockage se fait en surface, mais des recherches de sites de stockage souterrain sont en cours.
© Guide Pratique des déchets en Languedoc-Roussillon Page mise à jour le : 09-Jul-2008 Imprimer cette page
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