Le
Cadre Législatif et Réglementaire
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Des
principes posés il y a 25 ans
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Le Code de l'Environnement
Livre V, Titre IV (Déchets), articles L 541-1 et suivants définit 4 priorités
en matière de gestion des déchets :
- Principe de réduction à la
source de la production et de la nocivité des déchets,
- Principe
de proximité pour organiser et limiter le transport en distance et en volume,
- Principe de valorisation des déchets par réemploi, recyclage
ou toute autre action visant à obtenir à partir des déchets des matériaux
réutilisables ou de l'énergie,
- Principe
d'information du public sur les effets pour l'environnement et la santé publique
des opérations de production et d'élimination des déchets.
La réglementation sur les installations classées pour la
protection de l'environnement (ICPE), Loi du 19 juillet 1976.
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De nouvelles réglementations
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La Directive 96/61/CE, dite IPPC
a pour objet d'imposer une approche globale de l'environnement pour la
délivrance des autorisations des grandes installations industrielles
les plus polluantes. Cette Directive est retranscrite dans le droit
français au travers de la legislation sur les installations classées
pour la protection de l'environnement.
La nouvelle directive
cadre déchets, n°2008/98/CE, publiée au JOUE du 22 novembre 2008 :
simplification légale abrogeant et remplaçant la directive cadre en
vigueur relative aux déchets (2006/12/CE), la directive relative aux
déchets dangereux (91/689/CEE) et une partie de la directivfe
concernant l'élimination des huiles usagées (75/439/CEE).
L'objectif
principal de cette directive est d'encourager le réemploi et le
recyclage des déchets, mais également de simplifier la législation
actuelle. La hiérarchisation sur le traitement des déchets :
1. Prévention des déchets (solution à privilégier)
2. Réemploi
3. Recyclage
4. Valorisation (y compris énergétique)
5. Elimination des déchets (en dernier recours)
Le Grenelle de l'environnement,
dont le projet de loi dit Grenelle I a été adopté
en 2008, renforce également la responsabilité des
producteurs de déchets et encourage notamment à
l'éco-conception.
Le projet de loi Grenelle II met en avant notamment deux plans :
- Janvier 2008 : plan "ECOPHYTO 2018", substitution des substances chimiques préoccupantes
- Février 2008 : création d'une filière de recyclage pour les véhicules hors d'usage (VHU)
Le réglement européen REACH,
(enRegistrement, Evaluation, Autorisation des substances CHimiques) :
des actions d'accompagnement des entreprises ont été
développées par l'Union des Industries Chimiques, dans
différentes régions.
Il existe également une évolution législative
concernant la collecte des DASRI (Déchets d'Activités de
Soins à Risque Infectieux), produits par les patients en
auto-traitement.
Déchets
ultimes
Selon l'article L 541-1 du Code de l'Environnement, est considéré comme déchet ultime :
« un déchet résultant ou non du traitement
d'un déchet qui n'est plus susceptible d'être traité dans les conditions
techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part
valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux ».
A ce titre, ils sont réglementairement les seuls à
pouvoir être stockés (ou enfouis) dans un centre de
stockage des déchets ultimes (CSDU).
La gestion des déchets s'appuie donc désormais de plus en
plus sur de nouvelles solutions et passe par un tri à la
source, chez les particuliers comme dans les entreprises.
L'éco-conception de produits ou de services est par
conséquent une démarche pouvant apporter une solution aux
entreprises souhaitant mettre sur le marché "moins de
déchets". |
Principe
de responsabilité
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Chaque producteur
ou détenteur de déchets est responsable devant la loi de ses déchets et des conditions
dans lesquelles ils sont collectés, transportés, éliminés ou recyclés. Les entreprises
doivent éliminer leurs déchets de façon à éviter les effets nocifs sur l'environnement
ou la santé humaine et conformément aux dispositions légales.
C'est le principe
de responsabilité du producteur ou du détenteur de déchets qui doit pouvoir justifier
de la destination finale de ses déchets et de leur mode d'élimination.
Pour
les déchets ménagers, les communes ou leurs groupements assument cette responsabilité. |
Les
obligations réglementaires des entreprises
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Vous
éliminez
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COLLECTE
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TRANSPORT
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TRAITEMENT
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Déchets
Industriels
Banals
(DIB) |
Tri
conseillé en vue de la valorisation |
Le transporteur doit être
déclaré en préfecture pour le transport (décret du 30 juillet 1998) dès lors qu'il
effectue des transports de plus de 500 Kg de déchets non dangereux (1) |
Demander
copie de l'arrêté préfectoral d'autorisation de l'installation |
Déchets Industriels
Dangereux
(DID) |
Les déchets spéciaux doivent être collectés à part.
Le déchet doit être « accompagné » d'un bordereau de suivi,
(formulaire CERFA N°07 0320) qui sera archivé 3 ans. |
Le
transporteur doit être déclaré en préfecture pour le transport (décret du 30 juillet
1998) dès lors qu'il effectue des transports de plus de 100 Kg de déchets dangereux.
Il doit être agréé pour le transport des matières dangereuses (RTMD). |
Demander
copie de l'arrêté préfectoral d'autorisation de l'installation |
| Déchets d'emballages |
Tri en vue de la valorisation. Contrat écrit obligatoire
avec le collecteur (décret du 13 juillet 1994). |
Le transporteur doit être déclaré en
préfecture pour le transport (décret du 30 juillet 1998). |
L'entreprise qui produit plus de 1,1 m3/semaine de déchets
d'emballages doit les faire valoriser (décret du 13 juillet 1994).
Demander copie de l'arrêté préfectoral d'autorisation de l'installation. |
| (1) : Sont exemptés de déclaration en préfecture
pour effectuer le transport par route de plus de 100 kg de déchets dangereux et
de plus de 500 kg de déchets autres que dangereux : la collecte d'ordures ménagères,
les ramasseurs agréés d'huiles usagées, les entreprises soumises au régime des
installations classées transportant les déchets qu'elles produisent, le transport
de déchets inertes ou de matériaux propres et triés. |
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Contenu
du contrat
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Dans un contrat écrit passé avec un
opérateur privé, il est important de faire
préciser les éléments suivants :
- Le niveau de qualité demandé au déchet, les quantités
de déchets attendues, les conditions de refus du déchet par l'opérateur. Si nécessaire,
l'accord passé se fera sur un échantillon représentatif du déchet comme c'est
le cas pour les déchets industriels spéciaux.
- Le conditionnement demandé.
- Les
modalités et le délai d'enlèvement.
- La destination finale du déchet.
-
Les conditions économiques de la prestation : tarifs de location de bennes (barèmes),
de transport (barèmes), traitement ou valorisation (€/tonne ou en €/m³).
L'entreprise doit également s'assurer de la situation de l'opérateur
vis-à-vis de la réglementation et éventuellement faire annexer les pièces correspondantes
au contrat :
- En demandant pour les activités de tri, regroupement,
valorisation, traitement, mise en décharge, la photocopie de son arrêté préfectoral
d'autorisation et des éventuels agréments.
- L'homologation et/ou le conventionnement
Agence de l'Eau qui permettent d'accéder à des aides à l'élimination pour certains
déchets.
- En demandant à l'opérateur intervenant pour le transport, le
négoce et le courtage des déchets d'emballage de fournir le récépissé de déclaration
de son activité ou à défaut les références et date de cette pièce.
- En
demandant à l'opérateur intervenant pour la valorisation des déchets d'emballages
de fournir l'autorisation nécessaire à l'exercice de son activité ou à défaut
les références et date de cette pièce.
Concernant les déchets dangereux, l'entreprise doit tenir
à jour un registre et émettre un bordereau de suivi (BSD), dès qu'elle transmet ses déchets dangereux à un collecteur.
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Comprendre
sa facture : les taxes
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La TGAP
La Taxe Générale sur les Activités
Polluantes (TGAP), instituée le 1er janvier 1999, a
été conçue de telle façon qu'elle vise
à modifier les comportements dans un sens plus favorable
à l'environnement. Elle
est perçue auprès des exploitants d'installations de
stockage, traitement et incinération de déchets qui ne
sont pas exclusivement réservées aux déchets
provenant de l'entreprise. Les exploitants de ces installations la
répercutent sur les prix pratiqués auprès de leurs
clients.
Le recouvrement de la TGAP et son contrôle sont
assurés par la direction générale des douanes et
droits indirects exceptés pour la taxre concernant les
installations classées.
Au 1er janvier 2009, la TGAP porte sur 8 catégories polluantes :
1. Stockage et élimination des déchets, dans des
installations de déchets ménagers et dans des
installations de déchets industriels dangereux
2. Emission dans l'atmosphère de substances polluantes
3. Production d'huiles usagées
4. Préparation pour lessives et produits adoucissnats et assouplissants pour le linge
5. Grains minéraux
6. Mises à la consommation de superéthanol, d'essences ou
de gazole ne satisfaisant pas aux obligations d'incorporation en
biocarburants
7. Non participation au financement du traitement des déchets
d'imprimés mis à la charge des ditributeurs
d'imprimés non sollicités
8. Autorisation d'exploitation et exploitation des
établissements industriels et commerciaux qui présentent
des risques particuliers pour l'environnement (ICPE)
Montant des taxes liées à la réception de déchets dans
les installations de stockage ou d'élimination (Cf. Tableau ci-dessous).
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DESIGNATION DES MATIERES OU OPERATIONS IMPOSABLES
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QUOTITE EN 2009
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| Déchets réceptionnés dans une
installation de stockage de déchets ménagers non autorisés |
50,0
€ la tonne |
| A- Déchets réceptionnés dans une
installation de stockage de déchets ménagers EMAS ou ISO 14001 |
13,0
€ la tonne |
| A.bis- Déchets
réceptionnés dans une installation de stockage de
déchets ménagers EMAS ou ISO 14001 dont certains
tonnages bénéficient de l'altermodalité de
transport |
12,5
€ la tonne |
| B- Déchets
réceptionnés dans une installation de stockage de
déchets ménagers faisant une valorisation
énergétique du biogaz de plus de 75 % |
10,0
€ la tonne |
| C- Autre |
15,0 € la tonne |
Document des Douanes relatif à la TGAP
La
TGAP n'est pas applicable aux Déchets Industriels Spéciaux faisant
l'objet d'une valorisation matière.
La Taxe d'Enlèvement des ordures ménagères (TEOM)
Elle est prélevée
par la commune. C'est une taxe additionnelle à la taxe foncière qui porte sur
les propriétés bâties. Son montant varie en fonction de la valeur du logement ou du local (pour
les professionnels).
Ainsi, elle n’est pas du tout liée à la
quantité de déchets produite par le ménage ou le professionnel.
Depuis 1992, la TEOM ou le financement par le budget
seul doivent être complétés par une redevance spéciale (RS)
perçue auprès des usagers hors-ménages (entreprises,
établissements publics) dont les déchets sont collectés par la
collectivité.
La Redevance
d'Enlèvement des ordures ménagères (REOM)
Elle
est prélevée par une commune ou un groupement de communes et varie avec le service
rendu. Sa mise en place entraîne la suppression de la taxe d'enlèvement des ordures
ménagères.
Sont montant varie généralement :
- selon le nombre de personnes dans le foyer
- selon le volume des bacs ou des sacs remis par l'autorité gestionnaire du service
- selon le poids des déchets emmenés à l'occasion d'une pesée embarquée
La Redevance Spéciale (RS)
L
a redevance spéciale doit être instituée par les collectivités qui :
- n’ont pas institué la redevance générale d’enlèvement des
ordures ménagères (REOM) ;
- assurent la collecte et le traitement de déchets non ménagers
(des entreprises ou des administrations) « qui, eu égard à leurs
caractéristiques et aux quantités produites, peuvent être collectés et
traités sans sujétions techniques particulières.» [article L.2224-14 du
Code Général des Collectivités Territoriales].
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Interdictions
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Les obligations du détenteur ou producteur de déchets
s'accompagnent de plusieurs interdictions. Ainsi, sont interdits :
- le
brûlage sauvage des déchets en plein air ou à l'aide d'un incinérateur individuel
sans autorisation
- l'abandon ou le dépôt sauvage des déchets dans un endroit
non approprié
- le rejet de déchets non conformes dans le réseau d'assainissement
collectif
- le mélange de catégories de déchets dangereux
- le mélange
des déchets dangereux avec des déchets non dangereux
- le mélange de déchets
d'emballages avec d'autres déchets et compromettant leur valorisation
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Mieux
gérer ses déchets
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Connaître
ses Déchets
Le coût de gestion des déchets d’une entreprise représente en moyenne
0,5% de son chiffre d’affaires et environ 6% de son excédent brut
d’exploitation : vos déchets ne vous rapportent pas, ils coûtent chers !
La première étape de la gestion des déchets en entreprise
est une bonne connaissance de ses déchets, non seulement du contenu de la benne,
mais aussi des lieux productions et des flux. Connaître ses déchets, c'est :
- faire l'inventaire des types de déchets produits (cartons, plastiques...)
- évaluer
les quantités produites par déchet
- déterminer les lieux de production
et les volumes correspondants
- répertorier les prestataires qui gèrent
les déchets
- s'informer sur les destinations où sont conduits les déchets
par les prestataires
- calculer les coûts, notamment à l'année de la gestion
des déchets (location de la benne, transport, traitement) et un prix à la tonne
tout compris pour faciliter les comparaisons.
Gérer ses Déchets
Une
fois que cette étape a été correctement réalisée, il est important de vérifier
la conformité réglementaire de la situation vis à vis de la réglementation des
déchets en examinant notamment le contenu des contrats avec les prestataires.
On peut alors chercher à réaliser des économies sur le poste de gestion
des déchets ou du moins s'attacher à rationaliser la gestion des déchets.
Une meilleure gestion des déchets passe souvent par le développement du tri à
la source des déchets en s'assurant bien que pour chaque type de déchets trié,
il existe une filière de valorisation. En effet, le tri n'est pas nécessairement
la solution si les filières en aval ne sont pas adaptées pour accueillir les déchets.
Le tri s'appuie sur la mise en place de conteneurs adaptés, bien signalisés et
sur l'implication du personnel.
L'entreprise peut également étudier l'intérêt
des différentes possibilités de conditionnement des déchets : broyage, compactage
qui permet de réaliser des économies pour les déchets volumineux et produits en
quantité suffisante.
Pour les déchets produits en petites quantités et qui
ne peuvent pas être récupérés par un prestataire, on peut voir s'il existe des
déchetteries d'entreprises, des points de regroupement. Certaines communes ouvrent
également leur déchetterie aux professionnels mais cela n'est pas obligatoire.
Une assistance et des conseils concrets peuvent être apportés aux entreprises
par les chambres consulaires à chaque étape de l'amélioration de la gestion des
déchets, du pré-diagnostic à la recherche de prestataires spécialisés en passant
par la connaissance de la réglementation.
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